Paris : les prix de l’immobilier ancien repartent à la hausse

immobilier ancien

Après plusieurs trimestres de stagnation, les prix de l’immobilier ancien repartent à la hausse dans la capitale, soutenus par la baisse des taux de crédit et une reprise des transactions. Les notaires du Grand Paris anticipent une progression de 2,5 % d’ici septembre 2025, portant le prix moyen du mètre carré à 9 750 euros.

Un retournement de tendance qui touche également l’ensemble de l’Île-de-France.

Bonne nouvelle pour les propriétaires parisiens : le marché de l’immobilier ancien montre des signes clairs de reprise. Selon les derniers chiffres publiés ce jeudi 31 juillet par les notaires du Grand Paris, le prix moyen du mètre carré dans la capitale devrait atteindre 9 750 euros en septembre 2025, soit une hausse de 2,5 % sur un an.

Une embellie bienvenue après une longue période de stagnation, durant laquelle les prix avaient reculé de près de 15 % depuis leur pic historique de 11 000 €/m² à l’été 2020.

Une reprise progressive depuis fin 2023

Les chiffres révèlent un redémarrage progressif depuis la fin de l’année 2023. Entre décembre 2023 et mai 2025, les prix sont restés relativement stables, oscillant autour de 9 500 €/m². Une période que les notaires qualifient aujourd’hui d’« excellente fenêtre d’achat », puisque les acquéreurs ayant investi durant cette phase ont pu bénéficier de prix contenus, au plus bas depuis plusieurs années. Fin juillet, le prix moyen atteint 9 530 euros, en hausse de 1 % sur un an.

Cette remontée s’explique par un rebond significatif de l’activité. De mars à mai 2025, les ventes de logements anciens ont augmenté de 9 % à Paris. En Île-de-France, cette progression atteint même 15 %, avec près de 30 000 transactions enregistrées sur cette période. Des volumes proches de ceux observés avant la crise du crédit immobilier de 2022-2023.

La baisse des taux de crédit, moteur de la relance

Ce retournement du marché est largement attribué à l’assouplissement des taux d’intérêt. Après avoir quadruplé entre 2022 et 2024 pour dépasser les 4 %, les taux moyens sont redescendus à un peu plus de 3 % au printemps 2025.

Cette détente a non seulement facilité l’accès au crédit pour de nombreux ménages, mais a aussi ravivé la confiance des acheteurs et dynamisé le marché.

Autre indicateur d’un marché redevenu favorable aux vendeurs : la marge de négociation a fortement chuté, passant de 4,57 % à 2,9 % en un an. Les biens se vendent donc plus facilement et à des prix plus proches de ceux affichés.

Des arrondissements repassent au-dessus des 10 000 €/m²

Cette tendance haussière n’est pas uniforme sur l’ensemble de la capitale. Certains arrondissements, historiquement très prisés, voient leurs prix repasser au-dessus du seuil symbolique des 10 000 €/m². Selon le réseau d’agences immobilières Laforêt, 10 arrondissements sont désormais sous ce seuil, contre 11 en mars dernier.

Une preuve tangible que les prix repartent progressivement à la hausse dans Paris intra-muros, notamment dans les quartiers où la demande reste structurellement forte.

La petite et la grande couronne suivent le mouvement

La hausse des prix ne se limite pas à Paris. En petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne, Seine-Saint-Denis), les notaires anticipent également une progression de 2,7 % d’ici septembre, ce qui ferait passer le prix moyen au-dessus de 5 000 €/m².

Là aussi, l’évolution est notable : entre mars et mai, la hausse annuelle n’était que de 0,3 %.

En grande couronne (Yvelines, Essonne, Val-d’Oise, Seine-et-Marne), la tendance est encore plus marquée, avec une hausse prévue de 4,1 %. Il faut dire que les prix y sont encore bien inférieurs à ceux du cœur de l’agglomération, avec une moyenne actuelle de 3 180 €/m².

Cette attractivité relative explique un regain d’intérêt, notamment de la part des primo-accédants en quête de surfaces plus importantes.

Un effet d’anticipation lié à la hausse des frais de notaire

Si la baisse des taux de crédit a clairement joué un rôle déterminant, d’autres facteurs ont également contribué à la reprise. Les notaires du Grand Paris pointent notamment un effet d’anticipation lié à la hausse des droits de mutation à titre onéreux (DMTO), plus communément appelés « frais de notaire ».

Ces derniers ont augmenté au 1er avril 2025 dans cinq départements franciliens, dont Paris, à la suite d’une réforme départementale. Nombre d’acheteurs ont donc avancé leur projet pour échapper à cette majoration.

Une dynamique à surveiller

La reprise du marché immobilier parisien semble désormais bien engagée. Portée par des taux plus accessibles, une activité en hausse et une confiance retrouvée, elle redessine un paysage immobilier plus dynamique.

Toutefois, cette tendance reste encore fragile, car soumise à de nombreux aléas économiques et politiques, notamment sur le front des taux d’intérêt. À court terme, le cap symbolique des 10 000 €/m² pourrait de nouveau être franchi à Paris d’ici fin 2025.

Un scénario de plus en plus crédible, qui pourrait renforcer l’intérêt des investisseurs pour la pierre parisienne.

Précision : Les informations contenues dans cet article n’engagent que le rédacteur et ne sauraient se substituer à un conseil financier spécifique. Elles ne sont valables qu’à la date de leur rédaction uniquement.

Jeremy ESSERYK
Conseiller en Investissements Financiers
Courtier en assurances et en prêts bancaires en Europe
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