Depuis son retour à la Maison Blanche en 2025, Donald Trump relance l’idée controversée d’acquérir ou d’annexer le Groenland. Officiellement motivée par la sécurité nationale et la menace russe et chinoise, cette stratégie cache des ambitions économiques et géopolitiques. Entre ressources minérales stratégiques, influence sur l’Arctique et alliances avec des milliardaires, l’objectif réel de Trump dépasse largement la défense américaine.
Retour sur un dossier explosif
Depuis décembre 2024, Donald Trump évoque régulièrement le Groenland comme un enjeu crucial pour la sécurité nationale. Il affirme que le contrôle de l’île est indispensable pour contrer les ambitions de Moscou et Pékin dans l’Arctique, menaçant d’utiliser la force militaire si le Danemark et le Groenland ne coopèrent pas.
Trump inclut même l’île dans son projet de « Golden Dome », un système de défense antimissile avancé.
Pourtant, les experts restent sceptiques. Les États-Unis disposent déjà d’une base stratégique à Pituffik (anciennement Thule) depuis 1951, assurant surveillance et défense sans nécessiter d’annexion totale.
Le Center for American Progress et d’autres analystes soulignent que cette pression érode la confiance européenne, incitant l’UE à réduire sa dépendance militaire à l’égard de Washington.
Plusieurs pays européens, dont la France, l’Allemagne et le Royaume-Uni, rappellent que « le Groenland appartient à son peuple », avertissant contre une spirale dangereuse dans les relations transatlantiques.
Des motivations économiques bien visibles
Si la sécurité ne suffit pas à expliquer la démarche, les indices pointent vers les richesses naturelles du Groenland. L’île abrite d’immenses réserves de terres rares et de minerais critiques — néodyme, praséodyme, dysprosium — indispensables aux technologies vertes, aux véhicules électriques et à l’électronique.
Le réchauffement climatique rend ces ressources plus accessibles, faisant de l’Arctique un front économique majeur.
Bien que Trump minimise officiellement cet aspect, des sources indiquent que son administration cherche à limiter l’influence chinoise dans l’exploitation minière.
Pékin contrôle 90 % du marché mondial des terres rares et investit déjà au Groenland, ce qui inquiète Washington. Cette dimension économique pourrait expliquer la volonté d’annexion : sécuriser des minerais stratégiques tout en favorisant un cercle restreint d’investisseurs alliés aux États-Unis.
Alliances et intérêts privés
Les réseaux sociaux et certains cercles géopolitiques avancent des hypothèses plus controversées. Certains utilisateurs suggèrent que l’annexion pourrait servir à affaiblir l’OTAN, donnant à Trump un prétexte pour retirer des troupes américaines d’Europe.
D’autres dénoncent des motivations personnelles : ancien promoteur immobilier, Trump verrait dans le Groenland un « deal » potentiel.
Des milliardaires comme Ronald Lauder, Jeff Bezos ou Bill Gates investissent déjà dans des compagnies minières sur l’île. Une annexion pourrait permettre de vendre des droits d’exploitation à bas prix, générant potentiellement des profits pour un cercle d’initiés — un scénario qualifié de « grift » par des critiques.
Légalité et résistance locale
La légalité de cette initiative est hautement contestable. L’annexion violerait l’article 2(4) de la Charte des Nations Unies, interdisant l’acquisition de territoire par la force. Le Groenland, autonome depuis 2009, invoque son droit à l’autodétermination. Toute tentative de transfert sans consentement serait donc illégitime.
Les Groenlandais s’opposent massivement à cette démarche. Le Premier ministre a affirmé : « le Groenland n’est pas à vendre », et les sondages montrent plus de 80 % d’opposition à l’annexion.
Trump tente de contourner cette résistance en soutenant le mouvement indépendantiste et en proposant des incitations financières supérieures aux subventions danoises. Cette stratégie pourrait diviser le Royaume du Danemark et accentuer les tensions avec l’Europe.
Une vision impérialiste sous couvert de sécurité
Si la sécurité nationale est présentée comme justification, l’objectif réel semble bien économique et stratégique : sécuriser des ressources vitales pour l’industrie américaine, réduire la dépendance à la Chine et enrichir un cercle d’alliés influents.
Cette politique illustre une approche impérialiste où la puissance prime sur le droit international.
L’Europe, en renforçant sa présence militaire et en affirmant sa souveraineté, envoie un message clair : la force ne doit pas primer sur le droit. Le Groenland pourrait devenir le symbole d’une nouvelle ère où les ambitions économiques et géopolitiques se jouent au détriment de la légalité et des populations locales, offrant un avertissement pour le monde entier


